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Nid de guêpes dans les avions en Australie : une véritable menace

Nid de guêpes dans les avions en Australie : une véritable menace

Les avions sont des appareils sensibles qui nécessitent un entretien minutieux. En effet, le moindre dysfonctionnement peut causer de sérieux dommages aux personnes à bord. Depuis quelques années en Australie, des guêpes venues du Pacifique construisent leur nid dans les avions. Elles prennent d’assaut les petits espaces pour y établir leur domicile et cela peut entraîner de très graves répercussions.

Comment a-t-on compris l’origine de la menace ?

En novembre 2013, un décollage à l’aéroport de Brisbane a connu plusieurs perturbations. L’Airbus A330-220 a dû se poser, bien qu’il soit rempli de passagers. La cause de cet arrêt n’était rien d’autre qu’une mauvaise lecture de la vitesse de l’appareil. Après de nombreuses vérifications, les techniciens découvrent l’origine du mal : un nid de guêpes logé dans l’une des sondes Pitot.

Ce n’est malheureusement pas la première fois que ce type de nid provoque des dommages à un avion. Le même phénomène a été observé en 1996 suite à un crash causé par une mauvaise évaluation de la vitesse de l’appareil par le pilote. En réalité, les sondes fonctionnaient mal. Ce fut la première fois où la théorie du nid de guêpes fut évoquée. Cependant, en raison de la disparition des sondes, les techniciens n’avaient jamais réussi à en apporter la preuve.

L’incident de novembre 2013, une piqûre de rappel

Depuis le décollage raté de l’Airbus A330-220, les scientifiques et techniciens à divers niveaux ont compris à quels ennemis ils se confrontaient. C’est pour ainsi dire qu’une piqûre de guêpe, non mortelle cette fois, a remis les chercheurs sur la piste des insectes envahissants. Dès lors, des recherches sérieuses ont été entreprises pour comprendre le phénomène dans son ensemble.

Que disent les résultats des études ?

Les différents travaux ont révélé que les guêpes s’installent dans les sondes pratiquement tous les mois de l’année. Cependant, on note une augmentation de leurs activités en temps de chaleur. En seulement 39 mois, au moins 93 nids ont été construits dans les quatre coins de l’aéroport.

Des guêpes attirées par les espaces de petites dimensions

De l’espèce des pachodynerus, ces guêpes, qui se révèlent être une véritable menace pour l’aviation australienne, sont particulièrement attirées par les zones de petite largeur dans un avion. Elles prennent place dans les sondes Pitot qui ont pour rôle principal d’évaluer la rapidité de l’engin.

Qu’est-ce qu’une sonde Pitot ?

La sonde Pitot est un dispositif majeur pour le bon fonctionnement d’un avion. Il s’agit d’un instrument de mesure de la vitesse de l’appareil. Il peut y avoir plusieurs sondes disposées sur la carlingue de la machine volante. Dès que l’un de ces insectes s’en empare, la sonde se bouche et fournit de mauvaises informations à la cabine des pilotes. Ces derniers ne sont donc plus en mesure d’évaluer correctement la vitesse à laquelle vole l’avion

Ainsi, ce mauvais fonctionnement des sondes pourrait engendrer un crash. Il faut préciser que l’invasion s’opère lorsque les sondes Pitot ne sont pas protégées. Les différents chercheurs alertés par la situation ont alors réfléchi à une formule pratique pour mettre lesdits équipements à l’abri. 

Des solutions envisagées

Pour pallier ce problème, les responsables de l’aéroport de Brisbane en Australie, soutenus par les scientifiques, ont proposé une solution pas des moindres : une couverture systématique des sondes Pitot de tous les appareils à leur atterrissage. Cette mesure semble cependant temporaire, du moment où il est nécessaire de pouvoir mettre fin à cette anomalie de manière définitive.

Des simulations ont été faites pour comprendre le comportement de ces insectes. Ce mécanisme a permis de les observer et de comprendre comment elles opèrent pour construire leur nid dans un endroit aussi petit et en si peu de temps.

De plus, pour réduire la prolifération des nids de guêpes dans l’aéroport et surtout pour éloigner ces insectes, les scientifiques ont préconisé l’utilisation de pesticides pour tuer les chenilles dont se nourrissent les guêpes. Cette approche a permis de réduire d’au moins 50 % la prolifération du phénomène.

Se servir des effets de la chaîne alimentaire pour éradiquer les guêpes ne peut cependant pas être une solution efficace à long terme. Il a été proposé, par exemple, que des espèces supérieures aux guêpes dans la chaîne alimentaire soient mises à contribution, mais cette idée présente encore plus de risques pour les appareils.

Les guêpes pachodynerus nasidens, une menace qui pourrait s’étendre aux autres aéroports d’Australie

Les statistiques et les recherches ont poussé les chercheurs à envisager une probable propagation du phénomène dans les autres aéroports de la région, car la provenance des guêpes « trou de serrure » ne permet pas d’écarter cette possibilité. Par ailleurs, le nombre d’incidents liés à un nid de guêpes depuis 2016 a considérablement augmenté. Les 93 cas de nid de guêpes bouchant une sonde de 2016 à 2019 ne sont pas du tout négligeables et peuvent véritablement être une source d’inquiétudes pour les acteurs à différents niveaux.

Cependant, les responsables de l’aéroport rassurent toute la communauté que les voyages en avion peuvent toujours s’effectuer en Australie. Même si la protection des sondes ne semble pas suffisante comme solution, elle atténue les risques et prouve son efficacité jusque-là. Un petit nid de guêpes ne saurait arrêter le trafic aérien sans qu’une mesure de riposte ne soit sérieusement envisagée.

Les conclusions de la science sont néanmoins claires à ce sujet : il faudrait envisager une solution plus radicale, car elles pourraient migrer vers d’autres aéroports du pays voire d’autres pays voisins.

En attendant des solutions définitives, il faut garder à l’esprit que la menace est bien réelle. Il n’est point besoin d’une autre piqûre de guêpe dans une autre sonde Pitot pour prendre le problème au sérieux. La présence des guêpes dans cet appareil peut mettre des centaines de personnes en danger. Cette catastrophe peut être évitée avec plus de précautions dans les aéroports.

Comme résolution, les différents agents chargés de l’entretien des avions au sol doivent redoubler de vigilance afin d’éviter toute erreur lors des contrôles de pré décollage. Les protections proposées par les responsables de l’aéroport peuvent également être une mesure préventive et applicable dans les autres aéroports du pays. Ainsi, les risques seraient considérablement limités.